Réglementation de l'endurance équestre dossier 1cheval.com

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Technique de l'endurance équestre par Gérard PICARD.

  • Position du cavalier d'endurance
    Attitude : c'est la position générale du cavalier.
    Fonctionnement : c'est la manière de bouger et d'amortir les mouvements, autour de cette attitude générale.

  • Attitude générale
    En épreuves Nationales, il faut pouvoir rester jusqu'à 10 h à cheval. Cela impose une attitude particulière qu'on doit s'efforcer d'adopter dés les premières épreuves,

    L'attitude du cavalier d'endurance :

    - En équilibre sur ses pieds. Il faut se rapprocher de la position naturelle debout, c'est dans cette position que le cavalier fatigue le moins. Cela nécessite une selle qui permet d'être "au-dessus de ses pieds" (voir au chapitre matériel).

    - Le plus redressé possible, tout en restant souple et détendu. Être droit diminue le travail et la fatigue musculaire. Si le buste est penché en avant, ce sont les reins du cavalier qui souffrent. Un cavalier fatigué ou endolori est moins efficace et fatigue son cheval.

    - Les genoux ne sont pas serrés, ni verrouillés. Ils peuvent jouer dans ce cas leur rôle amortisseur.

    - Les étrivières sont réglées le plus long possible, à condition de pouvoir rester au-dessus de ses pieds, droit, et souple.

    Cette attitude de base n'est pas figée. Elle permet la mobilité se pencher sur le côté et en avant (pour éviter les branches.... ), s'étirer en tous sens au cours de l'épreuve pour éviter l'ankylose, s'adapter au dénivelé. Ex. : pour ne pas surcharger les épaules du cheval dans les descentes on prend souvent le troussequin avec une main et on pousse le bassin vers l'avant. Cela présente le double avantage de ne pas gêner le dos du cheval qui a besoin de s'arrondir, et de détendre notre région lombaire, si sensible.

  • Fonctionnement

    Il doit être adapté à chaque cheval et dépend de sa morphologie (largeur et forme des côtes et du dos), ses allures (amplitude verticale à absorber au trot, mouvement de bascule au galop).

    Nous allons prendre deux exemples de chevaux :
    1 - un pur-sang arabe de petite taille, peu large au niveau des épaules et des côtes. Il a une faible amplitude verticale au trot et un mouvement de bascule limité au galop.

    2 - un Selle Français, plus grand et avec un bon cadre. Il "déplace" dans toutes ses allures, c'est-à-dire qu'il a une grande amplitude dans ses mouvements verticaux.

    Les cavaliers ne peuvent fonctionner de la même manière sur ces deux chevaux. Il faut s'adapter dans les deux cas, en respectant les mêmes impératifs : légèreté en selle pour épargner le cheval et économie de fatigue pour le cavalier.

    A ces 2 exemples de chevaux correspondent 2 fonctionnements différents

    Sur le premier on peut être en "suspension totale" :
    l’amplitude du cheval est minime. On est très peu secoué. Il n'est pas nécessaire de trotter enlevé, on peut rester debout. Le jeu souple des chevilles et des genoux suffit pour absorber les secousses. On peut galoper dans la même attitude, On n'est jamais en contact avec le fond de la selle,

    Sur le deuxième, la grande amplitude du cheval ne peut être absorbée qu'en frottant enlevé (sur des étriers un peu plus courts). Le trot enlevé, surtout en Endurance, doit impérativement respecter les points suivants :

    - changer régulièrement de diagonale pour que le cheval ne subisse pas une fatigue dissymétrique qui amènerait des boiteries.

    - l'amplitude du mouvement du buste doit être faible, il est impensable de retomber Lourdement des milliers de fois sur les reins du cheval.

    - ce léger mouvement du buste doit être le plus vertical possible : Il faut se rasseoir vers l'avant de sa selle et non pas retomber vers le troussequin.

    - attention aux mains : (10 km au trot représentent … peu prés 3500 foulées), imaginez le "sourire" de votre cheval au bout de 3500 coups dans la bouche,

  • Position des mains

    Au trot, le cheval ne se sert pas de son encolure comme d'un balancier. Cela signifie que sa bouche reste fixe par rapport à son garrot, Au trot enlevé le buste du cavalier bouge mais ses mains doivent rester fixes par rapport à la bouche du cheval. Sinon il envoie involontairement un coup dans la bouche à chaque foulée, Il y a plusieurs manières d'obtenir ce résultat rênes très longues, sans contact, rênes ajustées, les mains restent fixes par rapport au garrot grâce à la décontraction des bras : Le coude s'ouvre à chaque fois que le buste monte, rênes très ajustées mais avec des mains posées sur le garrot. C'est un excellent moyen de contenir un cheval très chaud car le cheval se met dans une meilleure attitude (encolure "dans le bon sens") et il tire moins quand on appuie fermement les mains sur le garrot. On peut faire un pont avec les rênes.

    Au galop, le cheval se sert de son encolure comme d'un balancier, il n'est plus possible de garder les mains posées (sauf s'il tire vraiment trop au début de la course)

  • Emploi des aides

    Les aides

    Rappel : Les aides sont les moyens de communication du cavalier avec son cheval.

    Les aides naturelles sont les mains, les jambes, le poids du corps et la voix.

    L'emploi des aides est un langage que cavalier et cheval doivent élaborer ensemble. Ce langage devient plus précis et plus fin avec le temps et l’expérience.

    Il est grandement amélioré par la pratique d'exercices simples de dressage. Les aides permettent d'indiquer au cheval la direction et l'allure mais elles doivent aussi le faire travailler dans une attitude juste. (voir le prochain article : Dressage de base et Gymnastique du cheval d'Endurance). L'emploi des aides est un langage corporel qui est "parlé" … partir d'une position de base neutre. Cette position, stable pour le cavalier et non gênante pour le cheval est l'attitude générale définie plus haut.

    Indépendance et accord des aides

    - le "discours" tenu par le cavalier doit être compréhensible pour le cheval. Pour cela il ne doit pas y avoir contradiction entre les différentes aides : les mains ne doivent pas dire le contraire des jambes, une main ne doit pas empêcher le cheval de faire ce que l'autre main indique, le poids du corps doit s’accorder avec les mouvements demandés.

    - le souci de respecter notre partenaire cheval nous impose de monter le plus correctement possible. Dans toute communication, il faut aussi apprendre à écouter.

    Emploi des aides en endurance

    A la différence de l'équitation classique (dressage, obstacle), nous passons de très longues heures a cheval :

    - les rênes très ajustées et le bas des jambes au contact ne peuvent (et ne doivent pas) durer tout le temps.

    - l'assiette (contact entre les fesses et la selle) est très peu utilisable car nous devons être sur nos jambes pendant la majeure partie de la course, afin de préserver les dos du cheval et du cavalier. Le cavalier d'endurance n'exerce pas en permanence une action sur son cheval. On réserve le contrôle renforcé pour des besoins ponctuels ou impératifs : départ "très chaud". (sécurité et besoin de contenir en douceur son cheval). passage délicat ou la précision est nécessaire (un pont, un village, le public, besoin de changer l'équilibre de son cheval, de l'incurver, ... Le cheval comprendra et acceptera mieux d'être encadré pendant un temps court s'il n'a pas été blasé auparavant par des actions incessantes et non voulues. Les deux phases doivent être clairement distinctes : les rênes, en particulier, sont soit très longues, soit correctement ajustées, sans mouvements parasites.

    L'objectif est d'avoir un cheval :

    juste dans son attitude au travail, autonome dans ses allures en temps normal (sans soutien du cavalier), mais dressé et disponible dés que celui-ci reprend les commandes. En conséquence le cavalier d'endurance est capable de travailler son cheval dans une attitude juste, ne pas le gêner en temps normal (se faire oublier), le contrôler totalement dans les courts instants ou c'est nécessaire (voir Dressage de base).

  • Matériel

    N'utiliser en course que du matériel rodé, celui auquel votre cheval et vous êtes habitué (Si vous préparez une course nationale il faut travailler le cheval avec son lest ou son tapis de plomb).

    La selle

    Tous les types de selles peuvent être utilisés, à condition de remplir les critères suivants:

    a) Elle doit convenir parfaitement au dos du cheval.

    C'est-à-dire :

    - sa surface d'appui (la matelassure) doit reposer uniformément sur le dos du cheval pour répartir la pression (et non pas : uniquement à l'avant, avec l'arrière soulevé),

    - cette matelassure ne doit pas porter sur les reins du cheval. Si celui-ci a un dos court les frottements latéraux répétés au niveau lombaire occasionneront une gêne,

    - le dégarrotage doit être suffisant Un appui au niveau du garrot donne une blessure d'apparence bénigne mais très grave pour la suite de la carrière du cheval,

    - le tapis amortisseur ne doit pas faire de surépaisseurs par endroit pour que la répartition de la pression soit homogène.

    b) La selle doit permettre les positions endurance

    La forme du siége et des quartiers est à votre convenance. Mais les couteaux d'étrivières doivent être suffisamment reculés pour que le cavalier soit "debout au-dessus de ses pieds sans effort et sans crispation, Un bon test pour le vérifier : à l'arrêt, on chausse les étriers et on passe de la position détendue assise à la position debout. Si, pour réussir à vous lever, vous avez du pencher fort le buste vers l'avant, c'est que les attaches d'étrivières sont situées trop en avant et que vous allez fatiguer en course.

    Les étriers

    Nous restons plusieurs heures en appui dessus: Plus ils auront une surface large, plus ils seront confortables. On peut ajouter des semelles larges à des étriers normaux,

    Si votre chaussure ou votre botte ne comporte pas de talon, il est obligatoire de munir l'étrier d'une coquille de sécurité qui empêché le pied de glisser à travers.

    La sangle

    Elle doit être large et élastique pour ne pas entraver la respiration du cheval. Elle doit être lavable et sécher vite car on la nettoie … chaque halte vétérinaire.

    Embouchures
    Elles sont toutes autorisées. Ce sont les rênes coulissantes qui sont interdites (rênes allemandes, gogues, chambon .... ). C'est très rarement en employant une embouchure plus dure qu'on règle un problème. C'est par le dressage qu'on y parvient.




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