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Sujets traités :
  • Historique de la race Arabe Shagya
  • Standard de l'Arabe Shagya
  • Utilisation de l'Arabe Shagya
  • Adresse de l'Association Française du Cheval Arabe Shagya
Historique de la race

Hier encore, inconnu du grand public, le SHAGYA sort aujourd'hui de l'anonymat, de part la volonté d'une poignée de cavaliers et d'éleveurs passionnés qui œuvrent depuis une dizaine d'années à le faire connaître.

Ce n'est qu'un juste retour des choses lorsqu'on connaît le passé prodigieux de cette race. Cheval de guerre des armées de l'empire Austro-Hongrois, cheval de parade de la cour impériale de Vienne, il a connu son apogée au siècle dernier.


Aujourd'hui, certains peuvent se poser la question: pourquoi la race SHAGYA, alors qu'il existe l'arabe pur? Pour avoir la réponse, il est nécessaire de se situer dans le contexte de l'époque.

Le début de l'expérience se situe dans une période historique où le cheval était indispensable pour le bon déroulement de la vie quotidienne; il était nécessaire, tant pour les transports que pour les travaux agricoles, mais principalement pour la remonte de l'armée grande " consommatrice" de chevaux. Le but de la création de chevaux arabes en très grand nombre fut déterminé aussi par la nécessité dans un deuxième temps d'améliorer l'ensemble du cheptel de certaines régions de l'empire où les conditions se prêtaient à l'élevage du cheval de type oriental. Mettre à la disposition des éleveurs quelques étalons pur sang arabes ne suffisait pas; il fallait créer des juments de qualité aussi nombreuses que possible.

Enfin, il était nécessaire de créer un cheval ayant les caractéristiques de l'arabe pur, mais dans un cadre plus important, la taille des arabes importés variant entre 145-149 cm au garrot.

C'est Joseph II, empereur d'Autriche et roi de Hongrie, qui décida la création du haras de BABOLNA en 1789, et que débuta un programme de sélection visant à obtenir un cheval arabe de forte constitution.

Le haras de BABOLNA, en Hongrie, fut l'un des plus grands, l'un des plus réputés haras d'Europe pendant toute la deuxième moitié du XIX siècle et la première partie du XX siècle; la délégation hongroise obtint à plusieurs reprises les plus hautes distinctions pour la qualité de ses chevaux présentés (Exposition Internationale de Vienne en 1873, Exposition universelle de Paris en 1900 : à cette occasion, le premier prix des étalons présentés fut gagné par l'étalon noir O'BAJAN, à l'âge de vingt ans).

Dans le but de créer un cheval arabe avec toutes les caractéristiques voulues pour en faire un bon cheval de guerre, les meilleures juments de l'empire furent sélectionnées et constituèrent un noyau de départ: des juments avec beaucoup de cadre, déjà très trempées d'arabe puisque qu'au XVI et XVII siècles, les pays d'Europe centrale subirent guerres et invasions turques. Dans les territoires occupés, les échanges et prises de guerre de chevaux étaient fréquents, l'influence du cheval oriental allait croissant.

C'est à partir de ce matériel de base, ayant un pourcentage variable de sang arabe que seront choisies, triées sur le volet, les juments pour être saillies par des étalons pur sang arabes.

Les premiers étalons qui arrivèrent, furent des captures de guerre après les défaites napoléoniennes. Il s'agit de L'ARDENT, PYRRHS, THIBON, ULLISONT et MOUST APHA provenant du haras de Rosières aux Salines. A partir de 1916, de nombreuses missions d'importations se succédèrent au Moyen-Orient, chacune d'elle ramenant des étalons et quelques juments. Les étalons importés, s'ils donnaient les caractéristiques souhaitées à leur descendance, étaient conservés sur l'élevage et devenaient tête de lignée; les autres étaient systématiquement écartés de la reproduction. On peut citer parmi les lignées les plus représentatives: DAHOMAN, GAZAL, KOHEILAN, NEDJARI, SIGLA VY, O'BAJAN, EL SBAA, MERSUCH, et bien sûr le célèbre SHAGY A.

Sur le plan qualitatif et quantitatif; l'importation en 1836, de l'étalon gris SHAGYA, né en Syrie, fut déterminante. Il est considéré comme l'un des meilleurs reproducteurs si l'on en juge d'après la trace qu'il a laissée dans presque tous les pedigrees. Sa production fut excellente à tout point de vue, et nombre de ses produits furent à leur tour étalon. D'ailleurs, il donnera plus tard son nom à la race.

C'est donc par cet étalon exceptionnel que prit forme une expérience unique, expérience menée à travers presque deux siècles sur vingt générations de chevaux ayant comme résultat la création d'une race de chevaux arabes de très grande qualité, le SHAGY A, race reconnue indépendante par la W.A.H.O. (Organisation mondiale du cheval arabe) en 1978, et reconnue en France par les Haras nationaux depuis 1789, en tant que " race étrangère de chevaux de selle ".