L'aïrak, utilisation
de L'aïrak le lait de jument mongol : dossier 1cheval.com
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L'aïrak
La production de lait par
les juments est considérée comme
un moyen d'augmenter la productivité
du cheptel chevalin. La fabrication
d'aïrak (ou koumys) par fermentation
du lait de jument est une coutume
traditionnelle et un élément
essentiel d'apport de vitamines
dans l'alimentation des peuples
nomades qui, s'adonnant à l'élevage,
ne consommaient aucune crudité.
L'aïrak contient une grosse
quantité de vitamines B, C et
A, sa fraction protéique est
riche en acides aminés indispensables
et ses fractions lipidiques
et glucidiques sont facilement
digestibles.
Produit traditionnel à très
bonne image de marque santé,
l'aïrak voit sa consommation
croître régulièrement et gagner
de consommateurs, même dans
les zones où il n'était pas
traditionnel.
La production laitière des juments
est estimée entre 1500 et 3000
litres pendant 5 à 6 mois de
sécrétion. Le croisement des
races locales avec les races
de trait ou la race du Don donne
de bonnes performances laitières.
Comme pour les vaches, la base
de cette production est une
bonne alimentation des juments
constituée pour l'essentiel
par de bons pâturages, dont
les fermes de production d'aïrak
sont bien pourvues, ainsi que
d'un bon mode d'abreuvement.
Pendant la période automne hivers,
la jument gestante est complémentée
à raison de 1,6 à 1,7 U.F. (unité
fourragère)par 100 kg de poids
vif. Ce complément comprend
110 g de MAD (matière azoté
digestible), 7 g Ca, 5 g de
P et 22 mg de carotène par UF.
On les entretien dans des endroits
abrités où des paravents ont
été aménagés de façon à les
protéger au mieux des rigueurs
de l'hiver. Des lieux de traite
sont également aménager où l'on
peut simultanément nourrir les
juments dans des stabulations
de semi-plein air et entretenir
les poulains pendant les heures
où les juments sont traites.
La nuit, les juments sont mises
au pâturage avec les poulains.
La méthode combinée prairie-écurie
est fondée sur la production
des prairies. Les juments sont
donc entretenues avec du fourrage
frais lorsqu'elles sont à l'écurie
et reçoivent du concentré en
plus selon les besoins.
La traite commence en habituant
progressivement les juments
au processus, un mois après
le poulinage. On peut parfois
commencer un peu plus tôt, selon
l'état du poulain, mais jamais
moins de 20 jours après la naissance.
Pendant la première moitié des
5 à 6 mois de lactation, les
juments sont traites toutes
les 2 heures. Pendant la seconde
moitié on passe à un rythme
de 3 heures, les juments produisant
moins. La durée de la traite
varie de 1 à 3 minutes; Elle
dépend principalement du taux
d'ocytocine qui, chez la jument,
baisse assez rapidement. Pour
obtenir toute la production
de lait sans qu'une rétention
dans la mamelle se produise,
il faut donc, qu'il y ait des
sécrétion hormonales répétées.
La présence du poulain aux côtés
de sa mère est utilisé dans
ce sens. On remarque cependant
qu'il existe 3 types de juments:
certaines poulinières délivrent
leur lait comme des vaches,
en l'absence de poulain; d'autres
se contente de la présence d'un
poulain de service; les dernières,
enfin, exige la présence de
leur propre poulain.
La capacité d'un pis est de
l'ordre de 2 litres. Ce faible
volume explique que la production
laitière de la jument est directement
fonction du nombre de traites.
La durée totale de séparation
d'un poulain de la poulinière
ne doit pas dépasser 18 heures,
laissant le poulain au minimum
6 heures en contacte avec sa
mère. L'alimentation des juments
pendant cette période doit atteindre
2,15 U.F par 100 kg avec 100
à 105 g de MAD, 7 de Ca, 5 g
de P et 22 mg de carotène par
UF. On répartit les juments
en lots suivant leur niveau
de production et elle sont nourries
en conséquence.

©Photos
Randocheval
La fabrication de l’aïrak
(exemple de la ferme expérimentale
de Ribnoye, ex-URSS)
Le lait de la journée est apporté
à la laiterie de l'exploitation
qui se compose:
D'une pièce de réception du
lait
D'une pièce réservée à la préparation
du ferment
D'une pièce pour la fabrication
de l'aïrak
D'une pièce de lavage des bouteilles
et ustensiles
D'un laboratoire, d'une chambre
froide pour stockage.
Le lait du soir, après 18 heures
est conservé jusqu'au lendemain
11 heures. La traite doit répondre
à des normes sanitaires édictées
par un règlement national pour
la traite., Les trayons sont
notamment nettoyés avec une
serviette imbibée d'une solution
de monochlorure d'iode à 0,5
p.100. Après la traite, le lait
est filtré à travers 4 couches
de gaze, la vaisselle de la
laiterie et les appareils sont
également désinfectés au chlore.
Le lait provenant des différentes
traites n'est pas mélangé au
cours de la conservation. On
le laisse dans des récipients
plongés dans un bassin à eau
courante dont la température
ne dépasse pas 9 à 10 °C. Le
lait conservé est utiliser uniquement
pour la fabrication de l'aïrak;
le ferment est cultivé séparément
et rafraîchi uniquement avec
du lait venant d'être trait.
On mélange le ferment au lait
jusqu'à une acidité de 50 à
60 degrés Turner à une température
de 26 à 28 °C, ce qui assure
des processus normaux de fermentation.
Tout de suite après la coagulation
du lait (toute relative, étant
donné la nature des caséines),
le mélange destiné à la fabrication
de l'aïrak est brassé à l'aide
de mixeurs. Ce mélange est ensuite
laisser pour maturation pendant
1 heure 30 à 2 heures jusqu'à
ce qu'il atteigne une acidité
de 65 à 70 degrés Turner. On
mélange de nouveau pendant 20
minutes jusqu'à l'obtention
d'une acidité de 70 degrés Turner.
On mélange de façon complémentaire
pendant une heure puis on refroidit
jusqu'à 17 °C. On met ensuite
en bouteille que l'on place
en chambre froide à 4 °C pour
maturation ultérieure et refroidissement.
Au bout de 24 heures on vend
l'aïrak.

©Photos
La cavale
Ce procédé pour lequel on insiste
sur la pureté des ferments permet
d'obtenir un aïrak au bon goût
(il y a là-bas des experts,
à haute teneur en ferment, vitamines
et substances antibiotiques.
On distingue 3 catégories: faible,
moyen et fort. C'est une boisson
curieuse pour qui n'est pas
habitué, intermédiaire entre
du lait très clair, celui de
la jument et un jus de citron
dû à l'acidité du ferment. On
s'y habitue cependant très vite
car on en ressent immédiatement
les bienfaits sur l'estomac
et la digestion. Au bout de
quelques jours à température
ambiante, l'aïrak saute comme
du champagne.
Le processus de fabrication
est cependant assez long puisqu'il
dure 5 à 6 heures et demande
pas mal de main d’œuvre; c'est
la raison pour laquelle il doit
être mécanisé même pour de petites
unités. |
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