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L’appellation du cheval de Selle Français a seulement
43 ans ! C’est en effet en 1958 qu’un arrêté ministériel
officialisait cette nouvelle appellation. Mais qu’est
ce cheval ? il est est avant tout un cheval qui
gagne et dont le sang est recherché et utilisé avec
bonheur dans les stud-books voisins, Ce cheval est
le fruit de concepts imaginés par les éleveurs français
épaulés par un organisme d’état : les Haras Nationaux.
Pour retracer la petite histoire de la race, il
est nécessaire de remonter un peu le grande histoire
en s’arrêtant en 1663. C’est à cette date que Colbert,
Ministre du Roi Louis XIV, créa le premier Haras
National, celui du Pin en Normandie, pour pratiquer
les premiers croisements de chevaux du terroir avec
des barbes pour les besoins guerriers. L’histoire
du cheval français est pratiquement résumée ici
: les Haras Nationaux et la Normandie. (Un raccourci
que fera bondir, à juste titre, les éleveurs d’autres
régions comme la Vendée toute aussi présente aux
palmarès de jeunes chevaux à Fontainebleau !)
L’Anglo Normandie
Comme toutes les races de chevaux de sport actuelles,
du Holstein à l’Irlande, les chevaux d’aujourd’hui
est un descendant des races de services issues des
multiples berceaux d’élevage en France croisés avec
des étalons de pur-sang.
Le but de ces « affinages » était de créer dans
un premier temps, des chevaux de guerre, des chevaux
d’attelage et aussi des chevaux de course (trot
et galop) plus légers. Pour toutes des « races »
locales, on parlait de demi-sang. Parmi tous ces
demi-sang, il est clair que c’est le demi-sang normand
que l’on appelait aussi l’Anglo Normand, qui aura
le plus fortement marqué l’actuel Selle Français.
La population équine en Normandie a, de tout temps,
été plus étoffée qu’ailleurs. Dés 1663, les chevaux
normands ont été croisés avec des chevaux barbes,
mais aussi avec des Danois, des Hollandais et des
Allemands. L’amélioration du cheval normand était
alors un modèle du genre. La plupart des actuels
étalons normands descendent en lignée mêlés de trois
pur-sang du siècle précédent : Matchem (1748), Herod
(1758) et Eclipse (1764).
L’influence de ce dernier aura été la plus marquante
parce que sans Eclipse, nous n’aurions jamais eu
Ibrahim, Almé, leur fabuleuse descendance et bien
d’autres encore ! L’emploi du pur-sang comme améliorateur
des souches françaises devint systématique à la
fin du XIXème siècle, sous l’impulsion de l’administration
des Haras. Jusqu’à la veille de la seconde guerre
mondiale, cette évolution marqua un peu le pas.
Les concours hippiques n’étaient alors qu’une affaire
des plus confidentielles et le cheval de service
créé à la fin du XIXème satisfaisait aux besoins
de l’époque (traction, ferme, chasse et guerre).
Après la seconde guerre mondiale, l’élevage du cheval
dut trouver de nouveaux débouchés.
Une fois de plus, c’est de Normandie que vint la
solution. Dans cette région, et plus précisément
dans le Cotentin, est née la conception moderne
du cheval de sport. Le directeur du Haras de Saint-Lô,
Monsieur de Laurens de Saint-Martin contribua fortement
à un développement du concours hippique avec la
création des Société Hippiques Rurales.
Tous les fermiers de Basse-Normandie se mirent à
cheval et se lancèrent sur des parcours de saut
d’obstacles. Ainsi, ils donnaient une nouvelle orientation,
une nouvelle raison de vivre même, à leur élevage
devenu obsolète avec le développement de la mécanisation
? Apparurent alors les grandes dynasties d’éleveurs
normands, les Navet, Brohier, Leredde, Pignolet,
pour qui la production de chevaux de sport devint
progressivement la principale activité des exploitations
agricoles familiales.
Vers 1950 les prémices de la sélection pour un cheval
« plus moderne, avec du cadre et du sang et présentant
dans leurs origines des références sportives » virent
le jour. En 1955 renaît le stud-book du cheval normand
(ébauché dans les années 1925-1930) qui publiera
trois livres en 1955,1956 et 1959. Ils servirent
de base au premier stud-book du cheval publié en
1963.
Cheval tous types, tous usages
Dans les années 70, il déborda de l’Anglo-Normandie
en raison de la multiplicité des cocktails possibles
pouvant donner un produit inscriptible à ce stud
-book. En effet, un poulain issu d’un père Selle
Français et d’une mère pur-sang, trotteuse, arabe,
anglo arabe ou fille de Selle Français pouvait être
inscrit au stud-book. Le croisement direct pur-sang
et trotteur pouvait même, jusqu’à ces dernières
années donner un Selle Français.
Il est donc très difficile de proposer ici une description
de la morphologie type de ce cheval. Il est utilisé
pour de multiples usages/ les croisements très proches
du sang donneront des AQPS, un cheval utilisé pour
la course, ou bien un excellent cheval de concours
complet. Les croisements proches du trotteur donneront
un cheval de loisir ou de club, quoique certains
aient très bien tourné en obstacles. Son utilisation
pour le dressage ou l’attelage reste plus anecdotique.
Pour l’essentiel, les éleveurs (ils sont 12000 en
France) cherchent surtout à produire des chevaux
d’obstacles qui offrent les meilleures perspectives
de revenus dans l’état actuel du marché français.
Mais même pour cette seule discipline, ce cheval
ressemble rarement à un autre. D’autant que désormais
cet élevage s’ouvre aux croisements semi européens,
grâce notamment à des étalons comme Voltaire, Calvaro,
Zandor ou Robin IZ chez lesquels on retrouve aussi
beaucoup de sang français : Furioso, Almé, Zeus,
Cor de la Bryère….
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