En ce temps là les médecins n'étaient pas réfractaires aux produits naturels de santé et connaissaient encore les vertus des plantes, des produits de la ruche et du lait de jument. C'était ces médecins qui disaient à leurs patients d'aller chercher le lait chez leur voisin paysan. A cette époque, les tracteurs n'avaient pas encore remplacé les chevaux dans les fermes et il était facile de s'en procurer. Par ailleurs la population peuplait encore les villages ruraux.
Aujourd'hui les temps ont bien changé. Les tracteurs ont remplacé les chevaux dans les fermes, les médecins ne jurent plus que par l'allopathie, et la population est devenue citadine.
Alors l'évolution de la production et de la consommation de lait de jument a également bien changé.
Les consommateurs ont renié les remèdes ancestraux de leurs grands-mères puisque leurs médecins depuis les années 60 les menaient à l'allopathie à tout crin. Certes il y a toujours eu quelques médecins et producteurs à garder le bon sens terrien, grâce à cela quelques personnes pouvaient encore en trouver dans les années 70 et 80.
Les années 90 marquent un tournant avec des installations de quelques précurseurs. Certains se lancent sans oser prendre trop de risque et gardent une activité professionnelle qu'ils rejoignent après de gros efforts humains et économiques restés pour ainsi dire vains.
D'autres tentent le tout pour le tout en se lançant à 100 % dans cette activité. Ils font de grosses campagnes de promotion : presse spécialisée, presse féminine, salons, prescripteurs. Le résultat est au rendez-vous : la demande s'est accrue, ces producteurs très spécialisés rentabilisent leurs exploitations, d'autres producteurs commencent à s'installer.
En ce début de troisième millénaire, de plus en plus de projets d'installation sont suivis par les organisations professionnelles agricoles. Ce qui était loin d'être le cas pour les précurseurs.
Par ailleurs les excès de la médecine allopathique ainsi que ceux de l'agriculture intensive ont mené certains consommateurs et de plus en plus nombreux praticiens à appréhender différemment la façon de se soigner et de se nourrir.
Les consommateurs ont du mal à trouver le produit. Mais le marché manque de producteurs locaux.
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