Parce que dans l'approche où l'on souhaite mieux communiquer avec les chevaux, les connaître, les comprendre et savoir ce qu'ils ressentent, il est important de connaître le mode de fonctionnement du troupeau. En effet, si l'homme souhaite interagir avec un cheval, il ne peut le faire qu'en sachant quel statut lui accorde le cheval en fonction de ses attitudes. Aussi, pour savoir quelles attitudes prendre, il est intéressant d'observer comment au sein d'un troupeau les différents individus font pour marquer leur domination, et aussi comment tels individus sont perçus par les autres comme leader.
D'ores et déjà, on remarque que le troupeau ne fonctionne pas sur un mode hiérarchique pyramidale où tout le monde regarde le chef mais selon une structure que Barrey qualifie de structure " en réseau, où tout le monde regarde tout le monde ". Dans ce troupeau, on trouve généralement un étalon et quelques juments avec des poulains. Les jeunes mâles sont exclus du troupeau vers l'âge de 18 mois, les femelles plus tardivement. Les juments font des sorties du troupeau vers les groupes de jeunes mâles restés en périphérie, ce que l'étalon va tenter d'éviter. L'étalon va identifier chacune des marques laissées par les autres chevaux en distinguant s'il s'agit d'un mâle ou d'une femelle. S'il s'agit d'une jument, il recouvrira la trace par son urine. Et s'il s'agit d'un mâle, il recouvrira par ses crottins. En fait, s'il se trouve face à une trace laissée par un étalon concurrent, il s'arrête plus ou moins longuement en fonction de la fraîcheur de la trace, gratte et se manifeste bruyamment. Ceci permet à l'autre étalon d'avoir le temps de s'éloigner suffisamment et ainsi d'éviter les conflits. Si une de ses juments est saillie par un mâle extérieur, elle changera d'odeur et se retrouvera exclue du troupeau. Lors de la saillie, c'est la jument qui en fait choisit et accepte le mâle.
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Une poulinière non intégrée ou exclue du groupe est en danger et son poulain avec. En effet, le groupe représente la sécurité, les prédateurs préférant s'attaquer à des animaux isolés. La sécurité est souvent assurée par le dominant qui monte la garde, est plus vigilent comme une sentinelle. De ce fait, les autres chevaux peuvent se reposer. Il arrive aussi que ce soit d'autres chevaux qui perçoivent le danger. Donc, plus nombreux ils sont, plus de chance ils ont de le voir venir. De plus, être en troupeau signifie qu'un plus grand nombre d'animaux à accès à plus d'herbe étant donné que certains chevaux savent mieux la repérer. D'ailleurs, ces chevaux qui connaissent les endroits où l'herbe est plus abondante, ou plus nutritive, connaissent les points d'eau sont considérés par les autres comme leader, puisque ont une démarche pertinente qui est alors suivie. Souvent, les leaders ne sont pas dominants et pâtissent du dominant dans le sens où celui-ci qui les suit va ensuite les chasser pour profiter en premier des ressources. Le cheval dominant, souvent une jument, a donc accès prioritairement aux biens. Il a le droit de rentrer dans les bulles des autres chevaux. Les bulles sont selon Barrey l'espace virtuel correspondant au " rayonnement " de sa propre volonté exprimée par son attitude. C'est par cette attitude que le cheval perçoit tout être interagissant avec lui. Les chevaux dominés préféreront bien souvent se pousser devant son passage. Eux ne pénétreront pas dans sa bulle. Ils ne viendront pas non plus solliciter une séance de grooming (grattage mutuel) et n'iront pas se frotter sur le dominant. Ils " bougeront de là ", part devant le dominant. Un cheval dominant voit les autres chevaux " s'effacer ".Entre deux chevaux, il existe une relation de dominance. Mais cette relation n'est pas transitive au sein du troupeau. C'est-à-dire que si A est dominé par B, que B est dominé par C, C peut être dominé par A.
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